Un couple sur six …

Des semaines, des semaines que je cherche une idée lumineuse et brillante pour mon premier article sur le blog. Que vais je raconter de magnifique ?

Je ne voulais pas forcément parler de mon actualité immédiate mais, d’un autre côté, quand on est enceinte de huit mois, c’est un peu compliqué de penser à autre chose. J’ai donc, de façon tout à fait non originale, décidé de parler de ma grossesse !

Alors, voilà, je suis Pavaladie, j’ai 34 ans et je suis enceinte de 8 mois

Mon parcours de grossesse est malheureusement celui d’un couple sur 6. Etonnant de se définir selon une statistique, cependant je la trouve assez éloquente. 

Il faut savoir qu’un couple sur 6 a des difficultés à devenir parent. Parfois, on sait pourquoi ; d’autres fois, non. Et même quand on détermine la cause « fonctionnelle », comment savoir si elle résulte d’un comportement, de l’environnement ou de la génétique… Mystère.
Il n’en reste pas moins qu’après avoir épuisé tous les tests d’ovulation, toutes les calculettes de procréation et toute les courbes de température de la terre, souvent au bout d’un an et demi deux ans, on se rend à l’évidence…
Houston, on a un problème…

Le monde merveilleux de la PMA

PMA
© FreeImages

Et c’est là, que l’on commence à rire… Jaune hein, pas de bon coeur ni à gorge déployée.
Donc le jour où vous entrez dans le monde merveilleux de la Procréation Médicalement Assistée (PMA ou AMP au choix), sachez qu’il va vous falloir oublier toute notion de vie privée, et de pudeur, et surtout qu’il va vous falloir beaucoup, mais alors beaucoup de second degré d’humour et d’Amour, parce que vous allez en avoir besoin !

Donc, en gros, pour avoir ce bébé-là dans mon ventre, il a fallu 3 ans, 2 protocoles de Fécondation In Vitro complets, environ 300 piqûres, la prise de 30 kilos due au traitement et la perte de 20 kg pour pouvoir commencer le traitement (meuhahnon ce n’est pas paradoxal !), 2 anesthésies générales, une trentaine d’échographies endovaginales (adieu pudeur…), une fausse couche dévastatrice, un oedème pulmonaire, des centaines de kilomètres parcourus entre mon domicile et l’hôpital dans lequel j’étais suivie.
Et le pire, c’est que pour tout ça, j’ai arrêté de boire et fumer sachant que j’adorais fumer !

La difficulté d’envisager sa parentalité

bébé
© Paola Sansão

Après tout ça comment envisager sa parentalité ? Ceux qui me connaissent savent que je suis maternelle mais que la maternité n’a jamais été pour moi une fin en soi. Je m’étais donné une limite, 35 ans révolus, c’est à dire jusqu’à la veille de mes 36 ans, et après, fini, on passe à autre chose. 

Les traitements sont dévastateurs pour le couple.
Ça va de l’espoir le plus fou à la déception la plus intense. Et le désir d’enfant, même s’il était bien là, est parfois dur à remettre en évidence face à toute cette souffrance engendrée pour l’engendrer justement. Il s’agit de savoir s’arrêter avant de détester son futur enfant.
Les termes sont très forts mais ils reflètent bien l’état d’esprit dans lequel je me suis personnellement retrouvée plusieurs fois. Le paradoxe entre le désir, la contrainte et l’injustice.
De plus, comment envisager cet enfant dans un environnement quotidien dans lequel on vit ? C’est à dire que, quand une grossesse dure juste 9 mois, c’est déjà la prunelle des yeux des parents mais quand elle dure 3 ans… Comment le laisser sortir !! Vivre ? 

Un peu de magie

haptonomie
© iStockphoto.com

Alors, afin de récupérer un peu de magie dans tout ça, déjà on s’est dit que la façon dont ce bébé a été fait a été tellement peu magique que ce serait bien si on se gardait un peu de mystère. Du coup, nous n’avons pas voulu connaître le sexe de l’enfant. C’est amusant, ça fait marcher l’imagination, ça met du jeu et du piment dans la grossesse. Chacun y va de son petit pronostic : si tu as le nombril qui sort, c’est une fille ; si tu le portes haut, c’est un garçon ; selon les envies les nausées, la couleur de la peau…
Franchement avec mon mari, c’est une mine inépuisable de blagues de se rendre compte des croyances et des pronostics de chacun. Des a priori aussi selon le sexe du foetus.

Après, on a choisi une préparation à l’accouchement « mystique ». Enfin, ce qui est mystique, c’est surtout notre sage-femme qu’on ne se lasse pas de voir et d’écouter, même si parfois ça nous fait sourire. Nous faisons de « l’haptonomie », la seule préparation à l’accouchement où le père a une place à part entière dans l’accompagnement, car, ne nous voilons pas la face, dans une FIV ou une grossesse normale, le papa est un peu de côté.
Ça se comprend, c’est pas trop dans son corps que ça se passe, c’est un peu abstrait… Du coup, l’haptonomie, on ne sait pas si ça va être efficace mais, en tout cas, ça nous permet de nous recentrer sur nous trois et, au pire, ça nous fera rire le moment venu.

Demain

un couple sur six
© Benjamin Earwicker

Voilà, il nous reste un mois et demi à attendre avant de rencontrer celui ou celle qui sera un peu son père, un peu moi, mais surtout lui ou elle-même.
Il faudra apprendre à se connaître et à s’aimer les uns les autres, vivre ensemble, partager notre espace de vie, éduquer dans le respect des limites de chacun. Faire des erreurs, s’excuser, se mettre en colère, aimer recommencer et grandir ensemble.
Je suis impatiente et j’ai peur : quelle mère vais-je être, serais-je toujours un peu Rock’n Roll ou pas… ?
En tout cas, je suis contente de vivre cette aventure à deux ; ça me rassure et lui aussi.

Vivement l’insoutenable angoisse de la parentalité !

Chien, chats, poules… et, depuis peu, un petit garçon, cette jeune maman croque la vie à pleines dents !
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A propos Pavaladie

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2 billets doux à propos de “Un couple sur six …

  1. Ton parcours est plus « commun » qu’on ne pourrait le croire … j’ai plusieurs personnes dans mon entourage qui en a un similaire … vous avez eu un courage et une patience que je ne pourrais pas avoir …
    Je suis contente que tu ai réussi a tomber enceinte, et suis certaine que tu sera une super maman 😉

    1. Oui le parcours n’est pas exceptionnel c’est ce que je précise avec le titre. Ça dédramatise pas mal une foi qu’on est dans la situation. Avant de savoir que nous avions un problème je me disais que je ne ferai jamais de fiv que c’était un chemin trop compliqué et que je n’en serai pas capable. Et puis le diagnostic est tombé on a regardé nos options et il faut en moyenne 10 ans pour adopter obtenir un agrément et les médecins nous ont dit que nous avions s de bonnes chances de réussite… Du coup on s’est lancés! Et aujourd’hui nous avons un fils magnifique mais clairement on en refera pas! 😀 merci pour ton commentaire 😀

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